
Diego n'est plus du tout intéressé par les grands compositeurs. Il est un peu moins obsédé par les chiffres bien qu'il conserve une relation passionnelle avec le "ocho rouge" et a de temps en temps des crises. Il ignore royalement le pot, même si les couches commencent à l'agacer et si le fait de ne pas pouvoir se gratter la bite en toute liberté le frustre.
Mais tout ça est secondaire, sa nouvelle passion a pris le dessus. Maintenant, clairement, sa priorité c'est la paléontologie.
L'autre jour, assis sur sa couche, dans sa poussette, à l'heure à laquelle je souffre d'une fatigue telle que je voudrais qu'on m'anesthésie juste la tronche et que je puisse continuer à marcher comme un canard à qui on a coupé la tête (c'est à 18h30), Diego se retourne vers moi et me dit très sérieux: "Les dinosaures ont disparu. Parce que un gros volcan... ou... le froid". Le soir même, il a fallu que l'on lise trois fois le grand livre qui montre tous les squelettes de dinosaures et il a pu énuméré "Le galimimus court comme une autruche, l'ornitholeste mange un lézard et le dromaesaure fait des bonds..."
Deux jours après, j'ai eu du mal à le déguiser comme il le réclamait...en euplocéphalus. J'ai tout de même réussi à lui fabriqué une "queue massue". Après quoi il a réclamé que je me déguise en tyrannosaure pour que l'on fasse un combat car avec ses "coups de queue, l'euplocéphalus... tomber le tyrannosaure". Je me suis découpé des canines dans du carton. Il a trouvé cela convenable. Mais après le combat il a eu un passage régressif et un voile de tristesse est tombé sur son visage. Il s'est concentré et les yeux dans le vague, un peu honteux de sa demande chronique: "dessiner un saxophone". C'était urgent. Je ne pouvais pas dire non même si j'en suis à mon 352ème saxophone en carton depuis sa naissance. Clic clac, je maitrise la découpe, (je ne dessine même plus, je saute les étapes car après le dessin il y a le coloriage, puis le découpage donc pour aller plus vite, je ramène des chemises cartonées du bureau et je découpe immédiatement la forme, tout le monde souffre moins). Le saxophone était là. Il le tenait dans sa petite main et le fixait, très concentré, contrarié comme l'artiste devant une oeuvre inachevée et insatisfaisante, souffrant dans sa mystérieuse quête d'absolu. Quelque chose manquait Mais je savais qu'une fois le vide comblé, il manquerait à nouveau quelque chose. Il m'a tendu le morceau de carton rouge "il a une grande bouche". J'ai soupiré, cela signifiait qu'il fallait que j'aille chercher un stylo et je n'avais pas du tout envie de me lever. Rappelons que j'avais pris un coup de queue-massue. J'ai fait semblant d'ignorer la demande. "Maman, le saxophone a une grande bouche!" J'ai saisi un feutre et lui fait un grand sourire à son putain de saxo. Diego l'a récupéré. Il le tenait très sérieux et l'a emmené avec lui. Pour réfléchir. Ma présence n'était pas nécessaire. Il est revenu avec le front plissé. "Dessiner une cocobasse" (contre-basse). Refus catégorique. Il sait que lorsque je dis non je ne cède jamais derrière. Il n'a pas réclamé mais était très contrarié. Il a tourné les talons vers sa chambre. Il s'est arrête un moment dans le cadre de la porte. Seule sa queue d'euplocéphalus dépassait. Il a hésité puis a disparu emmenant sa frustration avec lui.
Mais tout ça est secondaire, sa nouvelle passion a pris le dessus. Maintenant, clairement, sa priorité c'est la paléontologie.
L'autre jour, assis sur sa couche, dans sa poussette, à l'heure à laquelle je souffre d'une fatigue telle que je voudrais qu'on m'anesthésie juste la tronche et que je puisse continuer à marcher comme un canard à qui on a coupé la tête (c'est à 18h30), Diego se retourne vers moi et me dit très sérieux: "Les dinosaures ont disparu. Parce que un gros volcan... ou... le froid". Le soir même, il a fallu que l'on lise trois fois le grand livre qui montre tous les squelettes de dinosaures et il a pu énuméré "Le galimimus court comme une autruche, l'ornitholeste mange un lézard et le dromaesaure fait des bonds..."
Deux jours après, j'ai eu du mal à le déguiser comme il le réclamait...en euplocéphalus. J'ai tout de même réussi à lui fabriqué une "queue massue". Après quoi il a réclamé que je me déguise en tyrannosaure pour que l'on fasse un combat car avec ses "coups de queue, l'euplocéphalus... tomber le tyrannosaure". Je me suis découpé des canines dans du carton. Il a trouvé cela convenable. Mais après le combat il a eu un passage régressif et un voile de tristesse est tombé sur son visage. Il s'est concentré et les yeux dans le vague, un peu honteux de sa demande chronique: "dessiner un saxophone". C'était urgent. Je ne pouvais pas dire non même si j'en suis à mon 352ème saxophone en carton depuis sa naissance. Clic clac, je maitrise la découpe, (je ne dessine même plus, je saute les étapes car après le dessin il y a le coloriage, puis le découpage donc pour aller plus vite, je ramène des chemises cartonées du bureau et je découpe immédiatement la forme, tout le monde souffre moins). Le saxophone était là. Il le tenait dans sa petite main et le fixait, très concentré, contrarié comme l'artiste devant une oeuvre inachevée et insatisfaisante, souffrant dans sa mystérieuse quête d'absolu. Quelque chose manquait Mais je savais qu'une fois le vide comblé, il manquerait à nouveau quelque chose. Il m'a tendu le morceau de carton rouge "il a une grande bouche". J'ai soupiré, cela signifiait qu'il fallait que j'aille chercher un stylo et je n'avais pas du tout envie de me lever. Rappelons que j'avais pris un coup de queue-massue. J'ai fait semblant d'ignorer la demande. "Maman, le saxophone a une grande bouche!" J'ai saisi un feutre et lui fait un grand sourire à son putain de saxo. Diego l'a récupéré. Il le tenait très sérieux et l'a emmené avec lui. Pour réfléchir. Ma présence n'était pas nécessaire. Il est revenu avec le front plissé. "Dessiner une cocobasse" (contre-basse). Refus catégorique. Il sait que lorsque je dis non je ne cède jamais derrière. Il n'a pas réclamé mais était très contrarié. Il a tourné les talons vers sa chambre. Il s'est arrête un moment dans le cadre de la porte. Seule sa queue d'euplocéphalus dépassait. Il a hésité puis a disparu emmenant sa frustration avec lui.
3 commentaires:
Et celle-là? tu la connais :
- Dessiner... heu... une... non, un...
- Un quoi?
- Un Un !!!! (pardi...)
oui sauf que j'ai droit à la variante "un uno"
Et le plus "grave" c'est que lorsqu'on entend "dessiner une..." on s'attend à "une baleine" ou "une guitare" (angoisse...) du coup on est comme soulagé si c'est juste "un un"... on est content de faire un truc idiot... mais simple!...
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