vendredi 25 avril 2008

Plus ou moins


Je me suis sentie ridicule mardi, dans les toilettes du PIFARC avec mon test de grossesse entrée de gamme à la main. Comme c'était un test à 8€ seulement, il avait deux fenêtres absolument identiques alors que d'habitude il y a une fenêtre carrée et une ronde, ce qui permet d'être fixée sur le résultat en 10 secondes. Mais là je ne savais pas du tout où étaient les points cardinaux de mon bâtonnet d'esquimaud rose et blanc. Je le faisais tourner comme une majorette en observant la lente migration du pipi. Son cheminement ne donne pas d'indication sur l'emplacement du Nord car le pipi dans un test de grossesse a la faculté de progresser, quoi qu'il advienne et tout liquide qu'il est, il peut traverser de gauche à droite de droite à gauche et même remonter à la force des bras. Une fois la languette imbibée il y aura un résultat, qu'on le veuille ou non.

Les indications sommaires qui figuraient sur la boite années 70, m'ont permis de constater que le test était bien négatif. Alors je l'ai jeté et suis allée me faire un café.

J'aime bien lire les notices des tests de grossesse parce qu'on sent bien que les rédacteurs font attention à être le plus neutre possible, du coup c'est rapide: + enceinte - pas enceinte. Mais c'est réducteur. Car ce n'est pas toujours positif d'être enceinte et ca peut être très bien de ne pas l'être. Ca pourrait être + d'emmerdes et - de galères. Voilà ce que devraient faire les fabriquants: des tests pour les femmes qui espèrent être enceintes et d'autres pour celles qui ont "peur" d'être enceintes. Le résultat de celui pour les futures mamans pourrait se lire ainsi: + Félicitations vous avez eu ce que vous souhaitiez, maintenant faut assumer, bon courage /// - Raté, même joueuse joue encore. Quant au test pour celles qui ne souhaitent pas de grossesse ca serait: + Félicitations, vous n'êtes pas enceinte (c'est positif comme nouvelle), par contre, la prochaine fois on vous loupera pas, retournez à la pharmacie acheter des capotes /// - Et voilà, vous avez fait la conne, retournez à la pharmacie demander la pilule du lendemain.
C'est un peu tiré par les cheveux tout de même. Je ne suis pas certaine que ma suggestion de tests personnalisés sera retenue. D'autant qu'on ne sait pas toujours si on a vraiment envie d'être enceinte. Qui a, dans le fond, la certitude de souhaiter être squattée 9 mois et d'avoir encore moins de vie après la naissance qu'avant? Mais c'est inconscient, ce sont les hormones qui parlent, c'est l'animal qui est en nous qui doit se reproduire quoi qu'il arrive (même s'il n'a pas envie).

Manifestement l'animal à l'intérieur de moi avait très envie d'un petit. Ma manipulation de la baguette magique afin de plier le résultat à être positif trahissait cette envie. Ma lecture confuse du test n'était pas fortuite. En même temps, je savais que ca ne pouvait pas être positif. Mais samedi soir j'avais eu comme une révélation. C'était parfait, c'était évident, on avait fait un bébé. J'étais amoureuse au top et j'avais les hormones dans le chignon, c'était idyllique. Laurent s'était un peu moqué de moi le lendemain soir quand je lui ai fait part de mon intuition: c'était la première fois en 3 ans qu'on "prenait volontairement" un risque, un bébé en one-shot c'est rare. Mais j'y croyais dur comme fer.

Ho et puis Alba qui m'a dit hier au déjeuner qu'elle avait conçu son deuxième - une adorable petite fille comme j'en rêve - avec préservatif! Qu'est-ce qu'elle me veut? Déjà y'a 4 ans elle m'avait rendu verte de jalousie en me confiant qu'elle était clitoridienne ET vaginale alors que je me maintiens juste au dessus de la catégorie des peine-à-jouir. Hum. Soit mon amie ment pour me provoquer, sois son homme est un demi-dieu, dans les deux cas faut que je prépare ma contre-attaque. Heureusement qu'elle lutte pour perdre quelques kilos résiduels depuis la naissance de son 2ème, y'a une justice quand même.

Voilà, ça y est, je suis comme toutes les frustrées qui n'arrivent pas à avoir d'enfant alors que j'ai essayé une fois, l'avant-veille de mes règles. C'est affreux. C'est quoi, c'est un caprice? Qu'est-ce que ca signifie? Je suis dégouttée d'être aussi banale, aussi prévisible, d'être comme toutes les bonne-femmes qui m'énervaient quand j'étais ado.
Faut que j'aille me bourrer la gueule. Ah non, c'est tellement cliché ça aussi.

Je déteste l'idée d'entrer dans la phase "on essaye d'en faire un deuxième" rien que ces mots mis bout à bout m'écoeurent. J'aimerais que ce soit une surprise, comme pour Diego. Mais pour Diego, j'étais sûre de ne pas pouvoir avoir d'enfant facilement, alors que là je connais mon potentiel. Argh c'est dur. Se forcer à ne pas y penser.
Heureusement, je sais que lorsque les vacances scolaires seront terminées, que Lola reviendra de chez ses grands-parents et qu'on reprendra le cours de notre vie de dingues, mon arsenal contraceptif bio (ne plus du tout avoir envie d'un autre bébé après avoir passé une soirée à faire à dîner, enrager intérieurement contre les mensonges de Lola et nettoyer le caca de Diego) se remettra en place et tout rentrera dans l'ordre.

Ne pas oublier que l'amour rend aveugle, la grossesse rend malade et les enfants rendent fou.

2 commentaires:

Ludi79 a dit…

Hum hum...

Comment dire ?

Heu...

Bon courage

Doris a dit…

Superbe la dernière phrase... et tellement vraie... Enfin, on aura beau ne pas oublier... ça changera rien...