
Tout le monde en était sûr, certains signes ne trompaient pas: j'étais irascible, méchante, avec des seins trop gros pour être honnêtes. J'avais si bien balisé le terrain que c'en était louche: Diego admis à l'école en septembre, Lola au centre dans un mois, Laurent avec quelques kilos en moins, un petit lit installé au bureau, une surenchère apéritive comme si je m'apprêtais à être privée à jamais du plaisir de boire un verre en fumant une cigarette sur le balcon.
Dans les toilettes du MK2, lorsque les deux barres roses et droites comme des i se sont mises à la fenêtre, je n'ai pas été surprise. Ma soeur non plus n'a pas été étonnée lorsque j'ai regagné mon fauteuil et que je lui ai annoncé la nouvelle: "J'en étais sûre, tu étais tellement odieuse ces derniers temps!" C'était elle qui qui m'avait incité à acheter le test. Nous étions arrivées trop tard pour Sex and the city et avions du nous rabattre sur Indiana Jones. Pour passer le temps et parce que la présomption de grossesse était quand même assez forte, nous sommes passées à la pharmacie. Douze euros, c'était pas donné. Si le résultat avait été négatif, je crois que je serais allée me faire rembourser.
Le concours de la remarque qui tue a été lancé hier midi. Ma belle-mère a fait un très bon départ avec un pétaradant "Elle est enceinte? Première nouvelle!" (paranoïa, suspicion). Elle a vite été rattrapée par sa petite-fille - à bonne école pendant 14 ans - qui a fait 3 belles sorties l'ayant mise en tête de la course "ON va l'appeler comment?", "Quand Kyria va savoir ça!.." [ma belle-soeur qui est enceinte], "Je suis sûre que Diego tapera le bébé" (possessivité, jalousie, agressivité). En début de soirée, mon père a pris la troisième place du podium avec un "Félicitations. C'est ton employeur qui va être content" (psychorigidité, syndrome de la patronate aigüe).
Diego avait aussi ses petites perles: "Maman est malade" "Dans le gros bidon de Maman il y a un petit crabe". Depuis l'annonce, il ne veut plus rien demander à son père "C'est Maman!" qui va lui chercher à boire, lui donne du chocolat, lui lit un livre, se cache avec lui sous les coussins. A la question "Tu vas me faire chier comme ça pendant 9 mois?" il a répondu par l'affirmative, sur un ton déterminé.
Il est évident que le concours reste ouvert pendant deux ans et que tout le monde pourra tenter sa chance. Mon beau-père arrivera certainement à classer cet évènement parmi "les grands drames de la vie de Lola". Et comme avant, on tentera de me transmettre le message qu'il faut être plus attentive et plus douce avec elle, la faire participer à la grossesse de peur qu'elle se sente exclue, mal-aimée et bien entendu on soulignera que je me suis débarassée d'elle pour être tranquille?
C'est vrai! J'assume tout! Je suis une grosse salope et cette fois je vais penser à moi, au futur bébé, à mon fils et à mon mari! OUI, j'ai préparé le terrain! OUI, j'ai bien l'intention de ne pas me laisser envahir, vampiriser, culpabiliser et dévorer comme je l'ai fait pendant ma première grossesse et surtout après la naissance de mon premier.
Il y a 4 ans j'étais naïve, sympa, pleine d'affection, compréhensive, courageuse. Je ne connaissais pas la musique. L'apprentissage a été brutal. Aujourd'hui "je sais tout".
Je suis une lionne féroce. Je ne suis pas là pour vous faire plaisir. Les êtres qui sortent de mon ventre et auxquels je donne un prénom ne sont pas là pour vous soigner. Je ne ferai ni concession ni cadeaux. Vous savez trop bien prendre et si peu donner.
Message personnel à l'intention du petit crabe: ton père et moi, on est très heureux que tu nous aies choisi. Accroche toi bien, les premiers mois ça tangue fort, mais je suis sûre que tu as déjà le pied marin (et avec tes petites pinces ça devrait pas être trop difficile).
Dans les toilettes du MK2, lorsque les deux barres roses et droites comme des i se sont mises à la fenêtre, je n'ai pas été surprise. Ma soeur non plus n'a pas été étonnée lorsque j'ai regagné mon fauteuil et que je lui ai annoncé la nouvelle: "J'en étais sûre, tu étais tellement odieuse ces derniers temps!" C'était elle qui qui m'avait incité à acheter le test. Nous étions arrivées trop tard pour Sex and the city et avions du nous rabattre sur Indiana Jones. Pour passer le temps et parce que la présomption de grossesse était quand même assez forte, nous sommes passées à la pharmacie. Douze euros, c'était pas donné. Si le résultat avait été négatif, je crois que je serais allée me faire rembourser.
Le concours de la remarque qui tue a été lancé hier midi. Ma belle-mère a fait un très bon départ avec un pétaradant "Elle est enceinte? Première nouvelle!" (paranoïa, suspicion). Elle a vite été rattrapée par sa petite-fille - à bonne école pendant 14 ans - qui a fait 3 belles sorties l'ayant mise en tête de la course "ON va l'appeler comment?", "Quand Kyria va savoir ça!.." [ma belle-soeur qui est enceinte], "Je suis sûre que Diego tapera le bébé" (possessivité, jalousie, agressivité). En début de soirée, mon père a pris la troisième place du podium avec un "Félicitations. C'est ton employeur qui va être content" (psychorigidité, syndrome de la patronate aigüe).
Diego avait aussi ses petites perles: "Maman est malade" "Dans le gros bidon de Maman il y a un petit crabe". Depuis l'annonce, il ne veut plus rien demander à son père "C'est Maman!" qui va lui chercher à boire, lui donne du chocolat, lui lit un livre, se cache avec lui sous les coussins. A la question "Tu vas me faire chier comme ça pendant 9 mois?" il a répondu par l'affirmative, sur un ton déterminé.
Il est évident que le concours reste ouvert pendant deux ans et que tout le monde pourra tenter sa chance. Mon beau-père arrivera certainement à classer cet évènement parmi "les grands drames de la vie de Lola". Et comme avant, on tentera de me transmettre le message qu'il faut être plus attentive et plus douce avec elle, la faire participer à la grossesse de peur qu'elle se sente exclue, mal-aimée et bien entendu on soulignera que je me suis débarassée d'elle pour être tranquille?
C'est vrai! J'assume tout! Je suis une grosse salope et cette fois je vais penser à moi, au futur bébé, à mon fils et à mon mari! OUI, j'ai préparé le terrain! OUI, j'ai bien l'intention de ne pas me laisser envahir, vampiriser, culpabiliser et dévorer comme je l'ai fait pendant ma première grossesse et surtout après la naissance de mon premier.
Il y a 4 ans j'étais naïve, sympa, pleine d'affection, compréhensive, courageuse. Je ne connaissais pas la musique. L'apprentissage a été brutal. Aujourd'hui "je sais tout".
Je suis une lionne féroce. Je ne suis pas là pour vous faire plaisir. Les êtres qui sortent de mon ventre et auxquels je donne un prénom ne sont pas là pour vous soigner. Je ne ferai ni concession ni cadeaux. Vous savez trop bien prendre et si peu donner.
Message personnel à l'intention du petit crabe: ton père et moi, on est très heureux que tu nous aies choisi. Accroche toi bien, les premiers mois ça tangue fort, mais je suis sûre que tu as déjà le pied marin (et avec tes petites pinces ça devrait pas être trop difficile).
4 commentaires:
Toutes mes félicitations. Depuis le temps que je lis ton histoire, ce post là m réjoui pour toi. Néanmois, ayant des beaux parents clôné des tiens, je te souhaite tout le courage du monde.
Ils ont fait très fort, je passe mon tour. Par contre je me réserve le "Lequel des deux tu préfères". Mais ça, c'est pour la catégorie "Phrases qui tuent post naissance".
Hâte de voir ton gros bidon (et le come back des gros seins)
Merci pour vos commentaires.
Il est évident que j'aimerai toujours plus Diego que l'autre bébé
;)
On s'envoie des bises de méchantes belles-filles!
J'peux jouer au concours de la phrase qui tue ?
" T'as pas peur que le deuxième soit plus chiant que le premier ?
C'est bien c'qu'est arrivé à ta tante non ? "
;-)
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