
C'est incroyable comme les enfants d'une même fratrie ont la capacité (peut-être l'instinct de survie) de se démarquer les uns des autres, dès le début.
Le petit crabe s'accroche depuis 20 jours mais il fait déjà tout pour se rendre agréable, discret et sage. Pas de nausée, pas de fatigue ni de mal aux reins... Fait rarissime, je vais dire quelque chose que je ne dis qu'une fois par décennie: j'ai la pêche! (comme ça c'est fait).
Pendant presque toute la grossesse de Diego je pleurais au réveil, vomissais au bureau, dormais dans le métro, vomissais devant mon entrée et m'endormais en larmes. C'était peut -être ma manière à moi de vivre pleinement la grossesse: chaque seconde, un désagrément me rappelait que j'étais enceinte. Alors qu'avec le petit crabe, j'arrive même à oublier mon état.
Diego participe activement à l'oubli. Il ne dort plus qu'avec quelqu'un à ses côtés, idéalement dans le "lit garage" (le lit parental) dans lequel nous sommes tous les trois alignés comme des voitures sur un parking. Son livre de chevet est "Comment ratatiner les monstres?" Il ignore royalement "Un nouveau bébé chez petit lapin".
Assez paradoxalement, cette grossesse me rapproche de mon petit garçon qui va devenir mon ainé. Comme si nous savions tous les deux que notre lune de miel de trois ans allait prendre fin pour de bon, nous profitons de chaque instant avec passion. Il me manque déjà. Je sais que je n'aurai plus la disponibilité que j'ai eue jusqu'à maintenant mais je sais aussi que ce sera ça, l'aider à devenir grand en me séparant de lui, le pousser vers son Papa pour qu'il ne soit plus un bébé. Et quand je pense au bonheur inégalable que j'ai d'avoir une soeur et un frère je n'ai plus du tout de peine pour lui.
Si Rozenberg m'écoutait encore, je crois que je lui dirais que j'espère mon deuxième enfant comme un chien dans un jeu de quilles.
Notre "famille" pour l'instant c'est un Dance or die sans fin. Les couples se forment et s'agitent frénétiquement pour prendre la tête du concours: Laurent et moi, Laurent et sa fille, Diego et moi. Logiquement, Laurent et moi devrions être les éternels gagnants mais notre histoire en a voulu autrement. C'était peut-être écrit, je ne sais pas. En tout cas ça s'est passé comme ça. Chacun a fait ce qu'il a pu.
Quand Diego est né, nous n'avons pas eu de moment à trois Papa-Maman-Bébé. Lorsque nous sommes rentrés à la maison, Laurent a voulu que sa fille nous rejoigne. Le contraire de ce que tout le monde fait quand un bébé naît: on allège le programme et on se simplifie la vie. Pas nous. J'étais impuissante, je n'ai rien compris. Il fallait laisser Lola prendre le bébé, la laisser lui changer sa couche, la laisser conduire la poussette... Elle voulait être sur toutes les photos et faisait des oreilles de lapin à Diego quand son père le filmait en train de téter.
Laurent a greffé artificiellement sa fille à un arbrisseau fragile. Il a voulu créer enfin la famille dont il rêvait, sans tenir compte des histoires et des besoins de chacun. Nous étions passés de 2 à 4 en 48 heures. Je n'avais pas du tout senti la chose venir. C'était foireux, comme lorsqu'on monte une équipe de volley sur la plage avec les gens qui sont là et qu'on invente un cri de guerre "yo yo! On les meilleurs!" Quand on se promenait au bois je poussais le landau la tête pleine d'idées noires; Laurent et Lola marchaient derrière main dans la main. Je trouvais le film mauvais, le script mal écrit, le casting douteux et surtout la répartition des rôles merdique. Mais j'étais sous contrat et il fallait tenir le coup.
On était pas du tout les meilleurs, on était pas une famille, on était une plante frêle avec des fruits trop lourds. Alors je me suis accrochée à mon petit, c'est vrai. Je savais qu'il ne fallait pas le faire mais c'était mon issue, mon rempart.
On a dansé comme des fous avec Diego.
Il faut clore le bal.
Une dernière valse et tout le monde sera gagnant.
Pendant presque toute la grossesse de Diego je pleurais au réveil, vomissais au bureau, dormais dans le métro, vomissais devant mon entrée et m'endormais en larmes. C'était peut -être ma manière à moi de vivre pleinement la grossesse: chaque seconde, un désagrément me rappelait que j'étais enceinte. Alors qu'avec le petit crabe, j'arrive même à oublier mon état.
Diego participe activement à l'oubli. Il ne dort plus qu'avec quelqu'un à ses côtés, idéalement dans le "lit garage" (le lit parental) dans lequel nous sommes tous les trois alignés comme des voitures sur un parking. Son livre de chevet est "Comment ratatiner les monstres?" Il ignore royalement "Un nouveau bébé chez petit lapin".
Assez paradoxalement, cette grossesse me rapproche de mon petit garçon qui va devenir mon ainé. Comme si nous savions tous les deux que notre lune de miel de trois ans allait prendre fin pour de bon, nous profitons de chaque instant avec passion. Il me manque déjà. Je sais que je n'aurai plus la disponibilité que j'ai eue jusqu'à maintenant mais je sais aussi que ce sera ça, l'aider à devenir grand en me séparant de lui, le pousser vers son Papa pour qu'il ne soit plus un bébé. Et quand je pense au bonheur inégalable que j'ai d'avoir une soeur et un frère je n'ai plus du tout de peine pour lui.
Si Rozenberg m'écoutait encore, je crois que je lui dirais que j'espère mon deuxième enfant comme un chien dans un jeu de quilles.
Notre "famille" pour l'instant c'est un Dance or die sans fin. Les couples se forment et s'agitent frénétiquement pour prendre la tête du concours: Laurent et moi, Laurent et sa fille, Diego et moi. Logiquement, Laurent et moi devrions être les éternels gagnants mais notre histoire en a voulu autrement. C'était peut-être écrit, je ne sais pas. En tout cas ça s'est passé comme ça. Chacun a fait ce qu'il a pu.
Quand Diego est né, nous n'avons pas eu de moment à trois Papa-Maman-Bébé. Lorsque nous sommes rentrés à la maison, Laurent a voulu que sa fille nous rejoigne. Le contraire de ce que tout le monde fait quand un bébé naît: on allège le programme et on se simplifie la vie. Pas nous. J'étais impuissante, je n'ai rien compris. Il fallait laisser Lola prendre le bébé, la laisser lui changer sa couche, la laisser conduire la poussette... Elle voulait être sur toutes les photos et faisait des oreilles de lapin à Diego quand son père le filmait en train de téter.
Laurent a greffé artificiellement sa fille à un arbrisseau fragile. Il a voulu créer enfin la famille dont il rêvait, sans tenir compte des histoires et des besoins de chacun. Nous étions passés de 2 à 4 en 48 heures. Je n'avais pas du tout senti la chose venir. C'était foireux, comme lorsqu'on monte une équipe de volley sur la plage avec les gens qui sont là et qu'on invente un cri de guerre "yo yo! On les meilleurs!" Quand on se promenait au bois je poussais le landau la tête pleine d'idées noires; Laurent et Lola marchaient derrière main dans la main. Je trouvais le film mauvais, le script mal écrit, le casting douteux et surtout la répartition des rôles merdique. Mais j'étais sous contrat et il fallait tenir le coup.
On était pas du tout les meilleurs, on était pas une famille, on était une plante frêle avec des fruits trop lourds. Alors je me suis accrochée à mon petit, c'est vrai. Je savais qu'il ne fallait pas le faire mais c'était mon issue, mon rempart.
On a dansé comme des fous avec Diego.
Il faut clore le bal.
Une dernière valse et tout le monde sera gagnant.
1 commentaires:
Oui... tout le monde sera gagnant...
Vive le petit crabe!
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