La "famille du bonheur" est sous tension. Lola part pour le centre dans une semaine. Diego, dont nous avons fête l'anniversaire avec un peu d'avance, refuse d'admettre qu'il va avoir 3 ans (dans un sens il a raison, ce sera le 20). Laurent, comme à son habitude lorsqu'il faut être à fond, s'absente psychologiquement et physiquement, rentre saoul à 3 heures du matin, deux fois dans la semaine et se plaint le lendemain qu'il est fatigué, qu'il faut aller chercher la moto qui est restée dans le bois, bref il est d'une grande aide. Moi, je suis enceinte et prête à payer pour qu'on me plonge 8 mois dans un sommeil artificiel et qu'on me réveille juste pour accoucher.J'ai toujours été fatiguée (c'est de naissance) mais je me rappelle bien que pendant ma première grossesse j'avais été épatée par la puissance du sommeil qui s'emparait de moi, généralement après déjeuner. J'ai retrouvé cette sensation, sauf que cette fois c'est toute la journée et même endormie je suis fatiguée. Quand la crise de sommeil arrive, on est comme pris dans un courant. Non, en fait, c'est plutôt comme une houle. Le corps ne se tient plus, on est un pantin désarticulé sur le pont d'un bâteau: la pesanteur et le mal de mer qui sévissent simultanément. On voudrait lutter, rester un humain, resister et rester debout, fier. Le combat est perdu d'avance. On est aussi lourd qu'une carcasse de veau. Il faut dormir.
Je déteste faire la sieste. On a toujours froid en s'endormant. Alors on se couvre avec un plaid, comme les vieux, mais ça fait transpirer. Au réveil on est mou, on a mauvaise haleine et les vêtements grattent. Comme je n'ai pas de collègue je fais la sieste au bureau. L'autre jour, je suis arrivée à 10h00, je me suis couchée à 14h30 et je me suis réveillée à 16h00. Je suis allée à la Poste avec un brushing asymétrique que Jean-Louis David lui-même aurait du mal à reproduire (coiffé côté bureau, plat côté sieste) et la moitié du visage froissée et rouge. Je me suis regardée dans le miroir. Je me suis vue quand j'avais 4 ans.
Diego pense certainement que je suis malade. Je passe le week-end allongée dans l'obscurité, je lui dis qu'il ne faut pas tirer sur mes seins ni sauter sur mon ventre. Je ne veux plus non plus le porter sur 3 km, ni faire le cheval à 4 pattes dans la maison. Je suis lasse d'être couchée par terre avec lui alors qu'il me donne des coups de pieds en dormant. Bref, je suis devenue vraiment très bizarre. Depuis l'annonce de la grossesse je dois tout faire.
- J'ai soif
- Demande un verre d'eau à Papa
- Non, c'est Maman
Dès que je ne suis plus dans son champ de vision il dit "J'ai perdu ma maman". Et surtout, il demande 5 fois par jour à "se cacher avec Maman".
Il est aussi très provocateur et a entamé une guerre des nerfs sur les thèmes de la propreté, de la parole, et surtout de la nuit.
- Non, pas ça mettre une couche.
- Ah bon? Tu ne veux plus mettre de couches?
- Non, je veux rester tout nu.
- Tu peux rester un peu tout nu mais après on mettra un slip. Et si tu as envie de faire pipi, tu feras où?
- Faire pipi par terre.
Je me suis fachée. C'était évidement ce qu'il cherchait mais je suis un être humain.
La nuit dernière son père a dormi avec lui. Le cercle infernal du sommeil. Avec son père il réclame sa mère, avec sa mère il appelle son père. On est épuisé et on voudrait dormir mais on fait n'importe quoi. Du coup, au réveil, son père lui en voulait un peu. J'ai pris gaiment le relais, malgré mon épuisement. J'ai pris des coups de pieds en l'habillant car il dormait toujours et était très faché. Mais il avait envie de prendre le bus.
On monte dans le bus. Il est content. Il commente. Il faut descendre. Il refuse. Sur le trottoir il fait le mou et hurle "le buuuuussss". Je me casse les reins et commence à gueuler. Il est 08h50. Il veut que je le porte en le plaignant. Je ne veux pas et je lui explique pourquoi. Il est en larmes et gémit "Pourquoi tu pleures?" Je le tape sur la tête avec le ballon de baudruche qu'il a voulu qu'on amène avec nous dans le bus. Ses cheveux se dressent à cause de l'électricité statique. Tout le monde nous regarde. On a l'air fou.
En arrivant au bureau, j'ai pris rendez-vous chez la pédopsy.
Diego pense certainement que je suis malade. Je passe le week-end allongée dans l'obscurité, je lui dis qu'il ne faut pas tirer sur mes seins ni sauter sur mon ventre. Je ne veux plus non plus le porter sur 3 km, ni faire le cheval à 4 pattes dans la maison. Je suis lasse d'être couchée par terre avec lui alors qu'il me donne des coups de pieds en dormant. Bref, je suis devenue vraiment très bizarre. Depuis l'annonce de la grossesse je dois tout faire.
- J'ai soif
- Demande un verre d'eau à Papa
- Non, c'est Maman
Dès que je ne suis plus dans son champ de vision il dit "J'ai perdu ma maman". Et surtout, il demande 5 fois par jour à "se cacher avec Maman".
Il est aussi très provocateur et a entamé une guerre des nerfs sur les thèmes de la propreté, de la parole, et surtout de la nuit.
- Non, pas ça mettre une couche.
- Ah bon? Tu ne veux plus mettre de couches?
- Non, je veux rester tout nu.
- Tu peux rester un peu tout nu mais après on mettra un slip. Et si tu as envie de faire pipi, tu feras où?
- Faire pipi par terre.
Je me suis fachée. C'était évidement ce qu'il cherchait mais je suis un être humain.
La nuit dernière son père a dormi avec lui. Le cercle infernal du sommeil. Avec son père il réclame sa mère, avec sa mère il appelle son père. On est épuisé et on voudrait dormir mais on fait n'importe quoi. Du coup, au réveil, son père lui en voulait un peu. J'ai pris gaiment le relais, malgré mon épuisement. J'ai pris des coups de pieds en l'habillant car il dormait toujours et était très faché. Mais il avait envie de prendre le bus.
On monte dans le bus. Il est content. Il commente. Il faut descendre. Il refuse. Sur le trottoir il fait le mou et hurle "le buuuuussss". Je me casse les reins et commence à gueuler. Il est 08h50. Il veut que je le porte en le plaignant. Je ne veux pas et je lui explique pourquoi. Il est en larmes et gémit "Pourquoi tu pleures?" Je le tape sur la tête avec le ballon de baudruche qu'il a voulu qu'on amène avec nous dans le bus. Ses cheveux se dressent à cause de l'électricité statique. Tout le monde nous regarde. On a l'air fou.
En arrivant au bureau, j'ai pris rendez-vous chez la pédopsy.
4 commentaires:
chouette ! on peut t'insulter alors ?
Méchante ! méchante ! méchante !
:-))))
merci
C'est vrai, Diego va chez le pédopsy?
non c'est Jasagana qui y va.
Il était temps tiens !
:-))
(tu vas regretter d'avoir activé les commentaires de Tata ! )
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