mercredi 27 août 2008

Certains l'aiment gros

Je ne suis pas de formation scientifique mais j'ai toujours eu un penchant pour les expériences. Lorsque j'étais enfant je ne supportais pas les mythes. Il y en a trois que j'ai éprouvés à plusieurs reprises et je suis en mesure de publier ici mes résultats: 1 - les chewing-gum avalés ne restent pas 7 ans au fond de l'estomac, 2 - on est pas plus malheureux quand on a cassé un miroir et surtout (et je suis fière de cette expérience qui a été une grosse prise de risque): 3 -on ne reste pas bloquée lorsqu'on louche et qu'il y a un coup de vent.

Aujourd'hui, j'ai fait deux découvertes majeures. J'aime quand les mystères de la science se révèlent à moi sans l'aide de ces sarkofayots bistourisés de frères Bogdanov.
Depuis de nombreuses années, chaque fois que je mange chez Mc Donalds je me pose invariablement la même question: pourquoi est-ce qu'on mange cinq fois plus vite quand on mange du Mc Do? Que ce soit sur place ou à emporter, le phénomène est reproduisible. Evidement sur le plan marketing c'est très bien étudié. Le restaurant se remplit et se vide à la vitesse des caisses enregistreuses. Mais enfin qu'est-ce qui me pousse à engloutir mes deux hamburgers, ma grande frite, ma salade et mon fruit presque simultanément alors que je suis au bureau avec un magazine, le répondeur allumé et confortablement installée?
Ce midi, alors qu'à l'aide d'un morceau de sandwich je poussais des frites entières au fond de ma gorge, pour faire de la place à la tranche d'ananas, le Mystère s'est rappelé à moi. Je me suis dit "Stop! Je dois savoir". J'ai donc tenté l'expérience. J'ai essayé de savourer la deuxième partie du repas en ralentissant la cadence. Quelle surprise! Les frites avaient un goût de peau de patate sucrée-salée, le steack celui du prion sur-cuit, les oignons avaient la consistance d'un gant Mapa et une saveur de transpi. J'ai ignoré ce fait pendant 15 ans: on mange plus vite parce que, en fait, c'est pas bon. Le choc. Comme quand on réalise que son mec du moment, qu'on trouvait être un super coup au lit, est définitivement trop con pour être fréquentable (je ne sais pas pourquoi je dis ça... Ah si, parce que ça m'est déjà arrivé). Du coup j'ai tout fini très vite. A un moment il y a eu en même temps une frite et un morceau d'ananas dans ma bouche (mélange original). En fait, le "bon goût" du Mc Do c'est celui de la culpabilité: la trahison des sens, le mépris de notre culture, le piétinement du bon-sens, l'aveuglement de notre raison, notre soumission à Georges Bush, la régression totale. C'est pour cela que je fais mon affaire le plus rapidement possible, comme si j'étais la femme de Joël Robuchon (d'ailleurs je ne quitte jamais mes lunettes noires chez Mc Do). A l'issu de cette expérience magistralement menée, j'ai pris une sage décision. Je ne mangerai plus mon Mc Do lentement, c'était trop affreux comme sensation.

Ma deuxième constatation est issue d'une longue étude, non d'une expérience ponctuelle, et relève plus de l'anthropologie que de la chimie (encore que, les hormones y sont sans doute pour quelque chose et Mc Do aussi).
Les grosses rendent les hommes fous.
Alors qu'un pourcentage important de femmes lutte contre les kilos superflus ou la présence (parfois supposée) de molécule grasse dans leur corps, les hommes bavent sur la bidoche à n'en plus pouvoir (qu'ils s'en défendent ou qu'ils le revendiquent). Le pouvoir d'attraction d'un gros cul et d'une grosse paire de seins est 100 fois supérieur à celui d'un très beau cul et d'une très belle paire de seins de taille normale, voire normale +. Si le gros cul et les gros seins sont tendus et bien présentés, ils rendent l'oeil masculin aveugle à tous les autres défauts (ventre gonflé, gros nez, pieds boudinés, jambes courtes, coupe de cheveux moche, etc.) Je l'ai testé très longtemps, plus jeune, ça m'arrangeait bien. Alors que certaines copines, bien plus jolies que moi, devaient supporter les amoureux transis qui ne passent jamais à l'acte (les jeunes hommes qui se cherchent et restent asexués des années sous prétexte qu'ils ont le béguin pour la femme parfaite et inaccessible), je n'étais pas en reste et étais plutôt sollicitée (surtout par mes copains africains pour qui, souvent, "le gros c'est beau").
Soit, lorsqu'on a entre 19 et 25 ans et qu'on est joliment dodue, on trouve assez logiques ces sollicitations. Mais quid des hommes qui, aujourd'hui, me regardent la langue pendue, me rattrapent dans la rue pour me susurrer que je suis charmante, me sifflent comme une ado de Châtelet-les-Halles, alors que je suis manifestement, incontestablement, outrageusement enceinte et parfois même accompagnée du reste de ma progéniture (Diego)? Je me suis posé la question. Et là je me suis rendue compte que le sujet était un peu sensible. La grossesse éveille t-elle des fantasmes chez certaines personnes? Est-ce que les femelles mammifères continuent d'attirer les mâles alors qu'elles sont grosses? Est-ce que les hormones dégagées à cette période sont les mêmes que celles qui éveillent l'instinct de reproduction? Est-ce que les hommes se fichent de savoir qu'on est enceinte si on a une grosse paire de seins?
Je ne me rappelle pas de ce phénomène durant ma première grossesse. C'est étrange parce que, contrairement aux réactions que j'avais à 20 ans (flattée, agacée ou blasée), là je suis... Perplexe et parfois un peu gênée. Et je ne parle pas des femmes ou des hommes qui vous carressent subitement et sensuellement le ventre comme s'il ne vous appartenait plus, qu'il était tombé dans le domaine public. Pour eux le ventre a l'air fascinant et accessible, comme un phallus qu'on est autorisé à regarder et à toucher, le lingam qui représente Shiva. A moins que ce ne soit comme un porte-bonheur, le pompom du marin, l'amulette pour stimuler la fertilité, je ne sais pas. Enfin, s'ils aiment ça...
Autre hypothèse sur l'origine du fantasme du corps de grossesse. En regardant une femme enceinte, on pense irrémédiablement, au fond de soi, à la sexualité. Je me rappelle avoir déjà regardé des femmes enceintes dans le métro ou dans la rue en me disant "celle-là, elle est très moche, et bien ca ne l'empêche pas d'avoir une sexualité", ou bien "celle-ci est carrément belle, son mec a de la chance". Ah ouais c'est peut-être ça. Intrinsèquement chacun sait qu'une femme enceinte a baisé, même une seule fois et on peut même savoir à peu près quand (y'a cinq ou 8 mois). Et il y a des chances pour qu'elle continue alors qu'elle est "déjà" enceinte, donc juste pour le PLAISIR Alors voilà pourquoi c'est gênant. Oui ca doit être ça, les femmes enceintes sont des salopes qui assument! Je n'ai pas spécialement une tête de vierge éffarouchée mais au moins quand je suis pas enceinte, ma sexualité ne se voit pas.

Hum?
Putain, c'est n'importe quoi.
Heureusement que j'ai pas passé un bac scientifique.


1 commentaires:

Doris a dit…

Et "attraper" l'appendicite en se rongeant les ongles, t'as essayé?...