Juste avant la fin des vacances, Laurent a fait remarqué à son frère qu'il était un peu étrange que sa belle-soeur (ma soeur) ne soit pas invitée au mariage alors qu'Alexandre et elle ont longtemps été proches (et un soir en fait qu'ils se sont même vus de très près). Il se trouve que quelques jours avant, le meilleur ami de mon beau-frère lui avait fait la même suggestion. Alexandre a répondu que sa future femme était très jalouse et qu'ils se disaient tout et donc qu'elle était au courant pour leur soirée d'il y a un an et que par conséquent, ma soeur n'était pas la bienvenue à son mariage.La fois où ma soeur lui avait préparé à dîner chez moi, ma belle-soeur n'avait pas craché dans la soupe. Je suppose que lorsqu'il y a quelque chose à manger, son honneur passe après son estomac.
Moi qui ne m'étais même pas posé la question de la non-invitation de ma soeur au mariage d'Alexandre, j'ai trouvé que ces discussions relevaient de l'étrange.
Le lendemain, ma soeur m'a appelée en me disant qu'elle était contre toute attente invitée au mariage, qu'Alexandre s'était excusé de l'inviter si tardivement, etc. Nous avons commencé à nous organiser. Elle viendrait avec nous en voiture, dormirait dans notre chambre au Formule 1 (classe!).
La veille de notre départ, soit deux jours avant le mariage, nouveau coup de fil de ma soeur. Alexandre l'avait appelée à minuit. "Je peux te demander un grand service?" "Heu... Oui?" "S'il te plaît, ne viens pas à mon mariage".
Cette famille est phénoménale. Je dis cette par ce que je ne peux définitivement pas dire ma.
Donc le fond de l'histoire c'est qu'Alexandre a voulu jouer les hommes en prenant la décision d'inviter ma soeur, sans en parler à sa meuf. Résultat des courses après 48 heures de harcèlement moral durant lesquelles, je l'ai su après elle lui a dit que sa présence lui aurait été insupportable, qu'elle aurait gâché son mariage, il a donc cédé et a désinvité ma soeur. (Si le verbe désinviter n'existe pas la raison en est évidente: c'est que ça ne se fait absolument jamais).
En tant que femme mariée, je pense que j'aurais préféré être marquée au fer rouge des initiales de Laurent plutôt que de devoir m'humilier au point de passer un tel coup de fil. En tant que fils de ses parents je ne suis pas étonné que mon beau-frère ait effectué cette démarche: "par amour" comme on dit chez eux.
Laurent était furieux, outré, abattu, pour un témoin ça promettait.
Le mariage était surréaliste. Entre les danses bollywoodiennes, les blagues racistes de la famille de ma belle-mère composée en grande partie de soulards tabagisés ("attention les indiens vont débarquer!", "comment qu'on dit déjà, les hindous ou les indiens?") et le fait que je n'ai pas adressé la parole à la mariée, j'avais un peu de mal à me positionner. Heureusement que Diego a été le roi de la fête et que j'ai rencontré les très gentils cousins de Laurent. Autre réjouissance, la présence de mes beaux-parents, notamment la remarque de ma belle-mère alors que je répondais sur la date de ma grossesse à un des invités: "Ca ne se voit pas beaucoup en tout cas". J'adore.
Apparement je n'ai pas été la seule a trouvé le moment décalé. Parmi les amis d'Alexandre, certains ont même dit "hum, drôle de mariage". Aucun d'eux ne connait d'ailleurs ma belle-soeur et personne n'avait rien à lui dire.
Nous avons dormi au Formule 1 pour le plus grand plaisir de mon fils qui trouvait absolument tout fantastique: regarder la télé couché dans le grand lit, prendre une douche dans le lavabo. Quand on est enceinte, on pisse plus qu'on ne boit et quand on est seule avec son enfant qui dort et qu'on a oublié d'emmener une chemise de nuit, on ne va pas sur le pallier et on fait pipi dans le pot de chambre de son fils et ça, c'est pas évident, surtout quand on a pris 4 kilos. Laurent nous a rejoins vers 5 heures du matin. J'ai très mal dormi. J'avais mis mon réveil pour le petit déjeuner. Je n'avais jamais déjeuné dans un Formule 1. C'est particulier. On est dans le hall qui donne sur le parking. Mais l'épreuve était terminée donc je pouvais savourer mon jus d'orange (en fait c'était plutôt du Tang) en me félicitant d'avoir tenu bon. Je me sentais un peu seule mais pas si mal que ça. Mais qui a débarqué pour me tenir compagnie? Ma belle-mère en peignoir blanc. Elle m'a raconté la fin de la fête et m'a dit que les mariés aussi avaient dormi à l'hôtel (whaou c'est romantique le Formule 1 pour une nuit de noces) et que tout le monde se verrait avant de repartir, sur le parking. Quelle joie, quelle bonne surprise, moi qui me disais que mes adieux avec les mariés avait été un peu rapides, j'avais l'occasion de me rattraper.
Sur le parking, dans l'odeur de tabac, j'ai soigneusement évité la mariée. Lorsqu'Alexandre a dit à sa femme: "Alors, on y va Madame X?" (X étant le nom de famille de Laurent), ma belle-mère très enjouée s'est mise à dire en me souriant, comme si nous étions complices: "Oui c'est vrai, elle aussi c'est une Madame X, on est trois Madame X maintenant!" J'ai failli m'étouffer. Je ne serai jamais une Madame X. Je veux bien être une Madame Laurent mais pas une X, je ne serai JAMAIS Madame X comme ma belle-mère et comme ma belle-soeur. Si j'utilise le X, c'est parce que je suis obligée de le faire. Non moi j'aime nos deux noms accolés à Laurent et à moi. J'ai eu un nom pendant 26 ans, je ne vois pas pourquoi on me l'enlèverait. J'aime bien quand Diego dit son nom en entier et j'aime bien quand Lola écrit une lettre à son père en mettant nos deux noms: "Mr X Y", c'est trop mignon. Un jour par téléphone, une commerciale s'est excusée d'avoir écorchée mon nom. Je lui ai répondu que c'était pas grave parce que c'était celui de ma belle-mère, pas le mien.
Bref, nous sommes donc rentrés et j'étais contente d'avoir vu la famille de Laurent parce que c'était fait pour 4 ans.
Le lendemain, Alexandre est passé nous voir pour régler quelques détails. Il n'a pas pu s'empêcher de parler de l'Affaire. Il a réussi à me dire "Il fallait que je choisisse entre ta soeur ou ma femme, j'ai choisi ma femme!" on nageait en plein délire, enfin c'était particulièrement révélateur. Je lui ai juste dit que depuis le début je présentais sa femme à Diego comme une "tata" mais que j'avais réalisé que si tata2 traitait tata1 comme une trainée, je préférais qu'il n'en ai qu'une. Pour moi aussi le choix est vite fait! Entre ma belle-soeur et ma belle soeur je n'hésite pas longtemps. J'ai pouffé lorsqu'il a commencé sa phrase par "la prochaine fois qu'elles se verront..." Il n'y aura pas de prochaine fois, jamais. Je lui ai aussi dit que j'étais lasse qu'on me parle de clans familiaux alors que la famille X ne manifeste que des sentiments négatifs à notre égard et n'est mue que par la jalousie. J'ai fini par lui dire que je ne connaissais pas sa femme et qu'aujourd'hui je n'avais pas envie de la connaître. Dont acte.
Ah la famille X. Une bande de joyeux fadas qui vous insultent puis font comme si de rien n'était et s'indignent qu'on ne marche pas. Comment imaginer qu'on puisse aussi mal se comporter avec les gens et se plaindre ensuite qu'ils sont susceptibles? Comme avait dit mon beau-père de moi après m'avoir trainée dans la boue pendant 2 ans "Bah dis donc, pour une boxeuse elle est bien sensible".
Le lendemain, ma soeur m'a appelée en me disant qu'elle était contre toute attente invitée au mariage, qu'Alexandre s'était excusé de l'inviter si tardivement, etc. Nous avons commencé à nous organiser. Elle viendrait avec nous en voiture, dormirait dans notre chambre au Formule 1 (classe!).
La veille de notre départ, soit deux jours avant le mariage, nouveau coup de fil de ma soeur. Alexandre l'avait appelée à minuit. "Je peux te demander un grand service?" "Heu... Oui?" "S'il te plaît, ne viens pas à mon mariage".
Cette famille est phénoménale. Je dis cette par ce que je ne peux définitivement pas dire ma.
Donc le fond de l'histoire c'est qu'Alexandre a voulu jouer les hommes en prenant la décision d'inviter ma soeur, sans en parler à sa meuf. Résultat des courses après 48 heures de harcèlement moral durant lesquelles, je l'ai su après elle lui a dit que sa présence lui aurait été insupportable, qu'elle aurait gâché son mariage, il a donc cédé et a désinvité ma soeur. (Si le verbe désinviter n'existe pas la raison en est évidente: c'est que ça ne se fait absolument jamais).
En tant que femme mariée, je pense que j'aurais préféré être marquée au fer rouge des initiales de Laurent plutôt que de devoir m'humilier au point de passer un tel coup de fil. En tant que fils de ses parents je ne suis pas étonné que mon beau-frère ait effectué cette démarche: "par amour" comme on dit chez eux.
Laurent était furieux, outré, abattu, pour un témoin ça promettait.
Le mariage était surréaliste. Entre les danses bollywoodiennes, les blagues racistes de la famille de ma belle-mère composée en grande partie de soulards tabagisés ("attention les indiens vont débarquer!", "comment qu'on dit déjà, les hindous ou les indiens?") et le fait que je n'ai pas adressé la parole à la mariée, j'avais un peu de mal à me positionner. Heureusement que Diego a été le roi de la fête et que j'ai rencontré les très gentils cousins de Laurent. Autre réjouissance, la présence de mes beaux-parents, notamment la remarque de ma belle-mère alors que je répondais sur la date de ma grossesse à un des invités: "Ca ne se voit pas beaucoup en tout cas". J'adore.
Apparement je n'ai pas été la seule a trouvé le moment décalé. Parmi les amis d'Alexandre, certains ont même dit "hum, drôle de mariage". Aucun d'eux ne connait d'ailleurs ma belle-soeur et personne n'avait rien à lui dire.
Nous avons dormi au Formule 1 pour le plus grand plaisir de mon fils qui trouvait absolument tout fantastique: regarder la télé couché dans le grand lit, prendre une douche dans le lavabo. Quand on est enceinte, on pisse plus qu'on ne boit et quand on est seule avec son enfant qui dort et qu'on a oublié d'emmener une chemise de nuit, on ne va pas sur le pallier et on fait pipi dans le pot de chambre de son fils et ça, c'est pas évident, surtout quand on a pris 4 kilos. Laurent nous a rejoins vers 5 heures du matin. J'ai très mal dormi. J'avais mis mon réveil pour le petit déjeuner. Je n'avais jamais déjeuné dans un Formule 1. C'est particulier. On est dans le hall qui donne sur le parking. Mais l'épreuve était terminée donc je pouvais savourer mon jus d'orange (en fait c'était plutôt du Tang) en me félicitant d'avoir tenu bon. Je me sentais un peu seule mais pas si mal que ça. Mais qui a débarqué pour me tenir compagnie? Ma belle-mère en peignoir blanc. Elle m'a raconté la fin de la fête et m'a dit que les mariés aussi avaient dormi à l'hôtel (whaou c'est romantique le Formule 1 pour une nuit de noces) et que tout le monde se verrait avant de repartir, sur le parking. Quelle joie, quelle bonne surprise, moi qui me disais que mes adieux avec les mariés avait été un peu rapides, j'avais l'occasion de me rattraper.
Sur le parking, dans l'odeur de tabac, j'ai soigneusement évité la mariée. Lorsqu'Alexandre a dit à sa femme: "Alors, on y va Madame X?" (X étant le nom de famille de Laurent), ma belle-mère très enjouée s'est mise à dire en me souriant, comme si nous étions complices: "Oui c'est vrai, elle aussi c'est une Madame X, on est trois Madame X maintenant!" J'ai failli m'étouffer. Je ne serai jamais une Madame X. Je veux bien être une Madame Laurent mais pas une X, je ne serai JAMAIS Madame X comme ma belle-mère et comme ma belle-soeur. Si j'utilise le X, c'est parce que je suis obligée de le faire. Non moi j'aime nos deux noms accolés à Laurent et à moi. J'ai eu un nom pendant 26 ans, je ne vois pas pourquoi on me l'enlèverait. J'aime bien quand Diego dit son nom en entier et j'aime bien quand Lola écrit une lettre à son père en mettant nos deux noms: "Mr X Y", c'est trop mignon. Un jour par téléphone, une commerciale s'est excusée d'avoir écorchée mon nom. Je lui ai répondu que c'était pas grave parce que c'était celui de ma belle-mère, pas le mien.
Bref, nous sommes donc rentrés et j'étais contente d'avoir vu la famille de Laurent parce que c'était fait pour 4 ans.
Le lendemain, Alexandre est passé nous voir pour régler quelques détails. Il n'a pas pu s'empêcher de parler de l'Affaire. Il a réussi à me dire "Il fallait que je choisisse entre ta soeur ou ma femme, j'ai choisi ma femme!" on nageait en plein délire, enfin c'était particulièrement révélateur. Je lui ai juste dit que depuis le début je présentais sa femme à Diego comme une "tata" mais que j'avais réalisé que si tata2 traitait tata1 comme une trainée, je préférais qu'il n'en ai qu'une. Pour moi aussi le choix est vite fait! Entre ma belle-soeur et ma belle soeur je n'hésite pas longtemps. J'ai pouffé lorsqu'il a commencé sa phrase par "la prochaine fois qu'elles se verront..." Il n'y aura pas de prochaine fois, jamais. Je lui ai aussi dit que j'étais lasse qu'on me parle de clans familiaux alors que la famille X ne manifeste que des sentiments négatifs à notre égard et n'est mue que par la jalousie. J'ai fini par lui dire que je ne connaissais pas sa femme et qu'aujourd'hui je n'avais pas envie de la connaître. Dont acte.
Ah la famille X. Une bande de joyeux fadas qui vous insultent puis font comme si de rien n'était et s'indignent qu'on ne marche pas. Comment imaginer qu'on puisse aussi mal se comporter avec les gens et se plaindre ensuite qu'ils sont susceptibles? Comme avait dit mon beau-père de moi après m'avoir trainée dans la boue pendant 2 ans "Bah dis donc, pour une boxeuse elle est bien sensible".
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